Un tournant historique pour la transition énergétique européenne
Pour la première fois, l’électricité produite à partir de l’éolien et du solaire a dépassé celle issue des énergies fossiles en Europe. Ce basculement marque une étape majeure dans la transition énergétique du continent et confirme l’accélération du passage vers un système électrique bas carbone.
Longtemps dominé par le charbon, le gaz et le pétrole, le mix électrique européen connaît une transformation profonde, portée par les investissements massifs dans les énergies renouvelables, les politiques climatiques européennes et la baisse continue des coûts de production du solaire et de l’éolien.
Un nouveau mix électrique européen en pleine mutation
Les renouvelables dépassent les fossiles : un symbole fort
L’éolien et le solaire représentent désormais la première source de production d’électricité en Europe (30%*), devant les énergies fossiles (29%*). le rapport European Electricity Review 2026 du think-tank Ember, l’éolien et le solaire ont généré 30 % de l’électricité de l’UE, contre 29 % pour les combustibles fossiles. Ce résultat n’est pas seulement symbolique : il montre que les renouvelables sont devenues des piliers structurels du système énergétique européen, et non plus des solutions alternatives.
Cette progression s’explique par :
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une forte croissance des capacités solaires installées,
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une montée en puissance continue de l’éolien terrestre et offshore,
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une volonté politique de réduire la dépendance aux énergies importées,
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et un contexte géopolitique qui a accéléré la recherche d’indépendance énergétique.
Le solaire, moteur de la croissance
Le solaire photovoltaïque est aujourd’hui la source d’électricité qui croît le plus rapidement en Europe (+20 % de production pour la 4e année consécutive). Grâce à des coûts de production en forte baisse et à une mise en œuvre rapide, il s’est imposé comme un levier stratégique de la décarbonation.
Les installations se multiplient :
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sur les toitures des particuliers et des entreprises,
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dans les centrales agrivoltaïques ou au sol,
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et désormais dans des projets hybrides combinant stockage et production.
L’éolien, pilier de la production renouvelable
L’éolien reste le socle de la production électrique renouvelable européenne. Les parcs terrestres continuent de se développer, tandis que l’éolien en mer prend une place croissante, notamment en mer du Nord et sur les façades atlantiques.
Malgré une production variable selon les conditions météorologiques, l’éolien s’impose comme une technologie mature, compétitive et indispensable à l’équilibre du réseau.
Vers une électricité de plus en plus décarbonée
En ajoutant l’hydraulique et le nucléaire, plus de deux tiers de l’électricité produite en Europe proviennent désormais de sources bas carbone. Cette évolution permet de réduire significativement les émissions de CO₂ du secteur électrique, l’un des plus émetteurs historiquement.
La décarbonation de l’électricité est un levier clé pour :
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l’électrification des usages (transport, industrie, chauffage),
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la neutralité carbone à horizon 2050,
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et la compétitivité économique européenne.
Les défis à relever pour consolider cette avance
Réseaux et stockage : les nouvelles priorités
Le développement rapide des énergies renouvelables pose de nouveaux défis :
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adaptation et renforcement des réseaux électriques,
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gestion de l’intermittence,
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déploiement massif du stockage (batteries, hydrogène, STEP),
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flexibilisation de la demande.
Sans ces investissements, la transition pourrait ralentir malgré l’augmentation des capacités de production.
Accélérer pour sortir durablement des fossiles
Si l’éolien et le solaire ont dépassé les fossiles, ces derniers restent encore très présents, notamment lors des pics de consommation ou en période de faible production renouvelable. L’objectif désormais est clair : réduire structurellement la dépendance au gaz et au charbon, et non simplement la compenser ponctuellement.
Une étape clé, mais pas une fin en soi
Ce basculement prouve que la transition énergétique n’est plus une projection, mais une réalité déjà à l’œuvre en Europe. Pourtant, ce mouvement contraste avec les signaux parfois contradictoires envoyés en France, où les arbitrages récents donnent le sentiment d’un ralentissement, voire d’une mise en attente de certaines ambitions sur les énergies renouvelables.
La prochaine décennie sera pourtant décisive : moderniser les infrastructures, renforcer les réseaux, accélérer les investissements dans le solaire, l’éolien et le stockage conditionnera la capacité de la France à rester alignée avec la dynamique européenne. Sans impulsion politique claire, le risque est réel de voir le pays décrocher d’une transformation énergétique qui, elle, a déjà commencé ailleurs.
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